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domingo, 6 de abril de 2008

MARTIN LUTHER KING EL AMANTE DE LA LIBERTAD Y LA JUSTICIA

Martin Luther King
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Pour les articles homonymes, voir Martin Luther (homonymie) et King.
Martin Luther King Jr

Martin Luther King à la Bibliothèque du Congrès en 1964
Naissance :
15 janvier 1929Atlanta, États-Unis
Décès :
4 avril 1968 (à 39 ans)Memphis, États-Unis
Nationalité :
Américain
Profession :
Pasteur
Occupation :
Militant des droits de l'hommeÉcrivainPacifiste
Distinctions :
Prix Nobel de la paix (1964),
Presidential Medal of Freedom (1977),Médaille d'or du Congrès (2004)
Le révérend Martin Luther King Jr, né à Atlanta, États-Unis le 15 janvier 1929 et mort assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, était un pasteur baptiste afro-américain, militant pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis et un activiste politique.
Il a organisé et dirigé des marches pour le droit de vote, la déségrégation, l'emploi des minorités, et d'autres droits civiques élémentaires pour les Noirs-Américains. La plupart de ces droits ont été promus par la loi américaine : le « Civil Rights Act » et le « Voting Rights Act » sous la présidence de Lyndon B. Johnson. Il prononce l'un des plus célèbres discours le 28 août 1963 devant le Lincoln Memorial à Washington durant la marche pour l'emploi et la liberté : « I have a dream » (J'ai un rêve). Il a rencontré John F. Kennedy qui lui a apporté son soutien dans la lutte contre la discrimination raciale.
Martin Luther King devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix en 1964 pour sa lutte non violente contre la ségrégation raciale alors très forte aux États-Unis et pour la paix. Il se voit décerner à titre posthume la Médaille présidentielle de la liberté par Jimmy Carter en 1977 et la médaille d'or du Congrès en 2004. Depuis 1986, le Martin Luther King Day est un jour férié aux États-Unis.
Considéré comme l'un des plus grands orateurs américains[1], Martin Luther King invoquait souvent la responsabilité personnelle pour développer la paix mondiale[2].
Sommaire[masquer]
1 Biographie
1.1 Jeunesse
1.2 Montgomery, la lutte pour les droits civiques
1.3 Albany
1.4 Birmingham
1.5 La marche sur Washington
1.6 St. Augustine et Civil Rights Act
1.7 Prix Nobel de la paix
1.8 « Bloody Sunday » (Dimanche sanglant)
1.9 Chicago
1.10 Contre la guerre du Viêt Nam et la pauvreté
1.11 Assassinat
1.11.1 Enquêtes et développements récents
1.11.2 Allégations de conspiration
2 La pensée de Martin Luther King
2.1 Désobéissance civile et non violence
2.2 Egalité raciale, liberté et fierté
2.3 Compensation historique
3 Relations avec le FBI
4 Héritage
4.1 Hommages
4.2 Partisans et influence
4.3 Critiques
5 Influence dans la culture populaire
6 Voir aussi
6.1 Articles connexes
6.2 Bibliographie
6.2.1 Par Martin Luther King Jr
6.2.2 Recueil de textes
6.2.3 Par d'autres auteurs
6.3 Notes et références
6.4 Liens externes
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Biographie

Jeunesse
Martin Luther King Jr est le fils du révérend Martin Luther King, Sr. et d'Alberta Williams King. Il a une sœur aînée Christine King Ferris et un plus jeune frère Albert Daniel Williams King. Martin Luther King chante avec le chœur de son église en 1939 à Atlanta pour la première du film Autant en emporte le vent.
Il entre à Morehouse College, une université réservée aux garçons noirs, à l'âge de 15 ans, ayant sauté deux années de lycée sans officiellement obtenir son certificat de graduation. Martin Luther King en sort diplômé avec un Bachelor of Arts en sociologie le 20 juin 1948 et rentre au Crozer Theological Seminary pour un Bachelor of Divinity à Chester, Pennsylvanie, qui correspond à une licence en théologie, qu'il obtient le 12 mai 1951. Il reçoit un Doctor of Philosophy de l'Université de Boston le 18 juin 1955[3].
Des accusations de plagiat contre sa thèse de doctorat à l'Université de Boston aboutirent en 1991 à une enquête officielle des responsables de cette université. Ceux-ci conclurent qu'environ un tiers de la thèse avait été plagié d'un article écrit par un étudiant diplômé antérieurement, mais il fut décidé de ne pas retirer son titre à King, car la thèse constituait tout de même « une contribution intelligente au savoir »[4]. Il en est de même dans certains de ses discours, mais Keith Miller soutient[5] que dans ce dernier cas, c'est une pratique courante des Afro-américains et que l'on ne peut considérer cela comme du plagiat. Toutefois, comme Theodore Pappas le note dans son livre sur le sujet[6], King avait en fait suivi un cours sur les normes de la production intellectuelle et le plagiat à l'Université de Boston.
Il se marie le 18 juin 1953 avec Coretta Scott qui prendra son nom pour devenir Coretta Scott King. Il a avec elle quatre enfants : Yolanda, née en 1955, Martin Luther King III, né en 1957, Dexter Scott, né en 1961, et Bernice en 1963.

Montgomery, la lutte pour les droits civiques
Articles détaillés : Boycott des bus de Montgomery et Rosa Parks.

Rosa Parks vers 1955 avec Martin Luther King.
En 1953, Martin Luther King devient le pasteur de l'église baptiste de l'avenue Dexter à Montgomery, dans l'Alabama. Le sud des États-Unis est à cette époque marqué par les violences commises contre les noirs, culminant en 1955 avec le meurtre raciste de l'adolescent de 14 ans Emmett Till, du pasteur activiste George W. Lee et du militant des droits civiques Lamar Smith.
Le 1er décembre 1955, lorsque Rosa Parks, une femme noire, est arrêtée pour avoir violé les lois ségrégationnistes de la ville en refusant de céder sa place à un homme blanc, il mène le boycott des bus de Montgomery avec l'aide du pasteur Ralph Abernathy et d'Edgar Nixon, directeur local du National Association for the Advancement of Colored People. La population noire soutient le boycott et organise un système de covoiturage. King est arrêté durant cette campagne qui dure 382 jours et qui devient extrêmement tendue à cause de ségrégationnistes blancs qui ont recours au terrorisme : la maison de Martin Luther King est attaquée à la bombe incendiaire le matin du 30 janvier 1956, ainsi que pendant le boycott celle de Ralph Abernathy et quatre églises. Les boycotters sont souvent attaqués physiquement mais l'ensemble des 40 000 noirs de la ville continuent de marcher, parfois jusqu'à 30 km pour rejoindre leur lieu de travail. Le boycott se termine par une décision de la Cour suprême des États-Unis le 13 novembre 1956 déclarant illégale la ségrégation dans les autobus, restaurants, écoles et autres lieux publics.
En 1957, il a un rôle capital dans la fondation de la Southern Christian Leadership Conference (SCLC, « Conférence des Chrétiens Dirigeants du Sud »), en est élu président et le resta jusqu'à sa mort. La SCLC est une organisation pacifique qui participa activement au Mouvement pour les Droits Civiques en organisant les églises afro-américaines pour conduire des protestations non violentes[7]. King adhère à la philosophie de désobéissance civile non-violente comme décrite par Henry David Thoreau [8] et utilisée avec succès en Inde par Gandhi[9]. Conseillé par le militant des droits civiques Bayard Rustin, il décide de l'utiliser lors des manifestations de la SCLC.
Il expose en 1958 son point de vue sur la ségrégation raciale et la spirale d'inégalité et de haine qu'elle provoque dans le livre Stride toward freedom; the Montgomery story (« la marche vers la liberté »):
« Souvent, les hommes se haïssent les uns les autres parce qu'ils ont peur les uns des autres ; ils ont peur parce qu'ils ne se connaissent pas ; ils ne se connaissent pas parce qu'ils ne peuvent pas communiquer ; ils ne peuvent pas communiquer parce qu'ils sont séparés. »
Alors qu'il signe des exemplaires de son livre dans un magasin à Harlem le 20 septembre, il est poignardé à la poitrine par Izola Curry, une femme noire qui l'accuse d'être un chef communiste et qui sera jugée comme déséquilibrée. Martin Luther King échappe de peu à la mort, la lame du coupe-papier qu'elle utilisa frôlant l'aorte. King pardonne à son agresseur et dans une déclaration à la presse souligne la violence de la société américaine :
« L'aspect pathétique de cette expérience n'est pas la blessure d'un individu. Il démontre le climat de haine et d'amertume qui imprègne tellement notre nation que des accès d'extrême violence doivent surgir inévitablement. Aujourd'hui c'est moi. Demain cela pourrait être un autre dirigeant ou n'importe quel homme, femme ou enfant qui sera victime de l'anarchie et de la brutalité. J'espère que cette expérience prouvera être socialement constructive en démontrant le besoin urgent de la non-violence pour gouverner les affaires des hommes. »[10]

Bus historique de Rosa Parks exposé au Henry Ford Museum.
En 1959, il écrit le livre The Measure of A Man (La Mesure d'un homme), une tentative de dépeindre une structure optimale de société politique, sociale et économique, duquel la pièce What is Man? (Qu'est ce qu'un homme ?) a été tirée.
Le FBI commence à mettre Martin Luther King sur écoute en 1961, craignant que des communistes essayent d'infiltrer le mouvement des droits civiques. Comme aucune preuve n'est trouvée, l'agence utilise certains détails enregistrés sur une durée de six ans pour essayer de faire renvoyer King de son rôle de dirigeant de l'organisation.
King prévoit justement que des protestations organisées et non violentes contre le système de ségrégation du sud connu comme les lois Jim Crow amèneraient une grande couverture médiatique du conflit pour l'égalité et le droit de vote des personnes de peau noire. Les comptes-rendus des journalistes et les reportages de la télévision montrant les privations et humiliations quotidiennes des Afro-américains du sud des États-Unis, ainsi que la violence et le harcèlement déployés par les ségrégationnistes contre les militants des droits civiques, produisent alors une vague de sympathie au sein de l'opinion publique pour le mouvement des droits civiques qui devient le sujet politique le plus important de l'Amérique des années 1960.
Martin Luther King organise et mène des marches pour le droit de vote des Afro-américains, la déségrégation, le droit du travail et d'autres droits de l'homme basiques. La plupart de ces droits ont été votés comme lois avec le Civil Rights Act de 1964 et le Voting Rights Act de 1965. King et le SCLC appliquent avec succès les principes de manifestation non-violente en choisissant stratégiquement les lieux et la méthode de protestation qui aboutissent à des confrontations spectaculaires avec les autorités ségrégationnistes.

Albany
À Albany, en Géorgie, en 1961 et 1962, il rejoint les activistes locaux du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), et du National Association for the Advancement of Colored People mené par William G. Anderson, un médecin noir. Martin Luther King intervient parce que le SNCC ne parvient pas à faire avancer le mouvement malgré des actions non-violentes efficaces (occupation de bibliothèques, stations de bus, restaurants réservés aux blancs, boycotts et manifestations) à cause de l'habileté du shérif local Pritchett qui procède à des arrestations massives sans violence et une dispersion des prisonniers dans tout le comté. King intervient également parce qu'il a été critiqué par cette organisation pour avoir mollement soutenu les « freedom rides » (bus de la liberté contre la ségrégation)[11].

Martin Luther King à un rassemblement pour la liberté, 1962.
Alors qu'il ne comptait rester que quelques jours et n'avoir qu'un rôle de conseiller, il est interpellé lors d'une arrestation massive de manifestants pacifiques. Il refuse de payer la caution tant que la ville ne fait pas de concessions. Les accords passés sont "déshonorés et violés par la ville" dès son départ[12].
Martin Luther King revient en juillet 1962, et est condamné à 45 jours de prison ou 178$ d'amende. Il choisit la prison mais est discrètement libéré au bout de 3 jours par le shérif Pritchett qui s'arrange pour faire payer son amende. King commentera :
« Nous avions été témoins de personnes jetées hors de restaurants... expulsées d'églises... et jetées en prison... Mais pour la première fois, nous étions témoins de quelqu'un jeté à coups de pieds hors de prison[12]. »
Après presqu'un an d'activisme pour peu de résultats tangibles, le mouvement commença à faiblir et à se diviser entre radicaux et modérés. Lorsque pendant une manifestation, des jeunes noirs jetèrent des pierres sur la police, Martin Luther King demande une halte de toutes les protestations et un « jour de pénitence » pour promouvoir la non-violence et maintenir le moral. Plus tard, il est à nouveau arrêté et détenu deux semaines.
Si le mouvement à Albany malgré la mobilisation ne réussit pas à obtenir des résultats immédiats, il sert de leçon stratégique à King et au mouvement des droits civiques qui décident de se concentrer sur des sujets spécifiques afin d'obtenir des victoires symboliques :
« L'erreur que je fis était de protester contre la ségrégation en général plutôt que contre une seule de ses facettes distinctes. (...) Une victoire de ce type aurait été symbolique et aurait galvanisé notre soutien et notre moral... Quand on planifia notre stratégie pour Birmingham des mois après, nous avons passé de nombreuses heures à évaluer Albany et à essayer d'apprendre de nos erreurs. Notre examen ne nous aida pas seulement à rendre nos futures tactiques plus efficaces, mais révéla aussi qu'Albany était loin d'être un échec total. »
Néanmoins, l'activisme local continue alors que l'attention des média se tourne vers d'autres sujets. Le printemps suivant, la ville annula toutes ses lois ségrégationnistes.

Birmingham

16th Street Baptist Church à Birmingham où eu lieu l'attentat le 15 septembre 1963
A Birmingham, ville d'Alabama qui était surnommée Bombingham à cause de nombreux attentats raciaux à la bombe dont la communauté noire était victime, Martin Luther King est détenu en été 1963 pour avoir participé à une manifestation non-violente. C'est là qu'il écrit la célèbre Lettre de la prison de Birmingham (Letter from Birmingham Jail), un traité définissant sa lutte contre la ségrégation.
En septembre, un attentat à la bombe du Ku Klux Klan contre l'église Baptiste de la 16e rue pendant la prière provoque la mort de quatre jeunes filles noires et blesse 22 enfants. L'attaque provoque l'indignation nationale et renforce le mouvement des droits civiques.

La marche sur Washington
Article détaillé : I have a dream.

King parlant à la marche sur Washington à Washington, DC.
Représentant le SCLC, Martin Luther King est le dirigeant d'une des six grandes organisations pour les droits civiques qui organisent la marche sur Washington pour les emplois et la liberté. Il est l'un de ceux qui acceptent le souhait du président John F. Kennedy de changer le message de la marche.
Kennedy, qui avait déjà soutenu publiquement Martin Luther King et était déjà intervenu plusieurs fois pour le faire sortir de prison[13], s'opposait initialement au principe de la marche car il craignait qu'elle ait un impact négatif sur le vote de la loi sur les droits civiques. Le but initial de la marche était de démontrer la situation désespérée des afro-américains des états du sud et l'échec du gouvernement fédéral à assurer leurs droits et leur sécurité. Le groupe des six accepte sous la pression et l'influence présidentielle de passer un message moins radical. Certains activistes des droits civiques pensèrent alors que la marche ne présentait plus qu'une vision inexacte et édulcorée de la situation des noirs ; Malcolm X l'appela « La farce sur Washington », et les membres de l'organisation Nation of Islam qui participent à la marche seront suspendus temporairement[14].
La marche fait cependant des demandes spécifiques : la fin de la ségrégation raciale dans les écoles publiques, une législation significative sur les droits civiques (incluant une loi interdisant la discrimination raciale dans le monde du travail), une protection des activistes des droits civiques de la violence policière, un salaire minimum de 2 $ pour tous les travailleurs sans distinction et un gouvernement indépendant pour Washington, D.C., qui dépend alors d'un comité du congrès.
En dépit des tensions, la marche est un énorme succès. Plus de 250 000 personnes de toutes les ethnies se réunissent le 28 août 1963 face au Capitole, dans ce qui est la plus grande manifestation ayant eu lieu jusqu'ici dans l'histoire de la capitale américaine.
Le point d'orgue du combat de Martin Luther King est son illustre discours « I have a dream », où il manifeste sa volonté et son espoir de connaître une Amérique fraternelle. Cette déclaration est considérée comme un des meilleurs discours de l'histoire américaine avec le Gettysburg Address d'Abraham Lincoln.

St. Augustine et Civil Rights Act
Article détaillé : Civil Rights Act de 1964.

Le président Lyndon Johnson signant le Civil Rights Act devant Martin Luther King, 2 juillet 1964.
Malgré l'arrêt de 1954 de la cour Suprême Brown v. Board of Education, qui déclare la ségrégation raciale inconstitutionnelle dans les écoles publiques, seuls 6 enfants noirs étaient admis dans les écoles blanches à St. Augustine en Floride. Les maisons de deux familles de ces enfants avaient été brûlées par des ségrégationnistes blancs et d'autres familles avaient été forcées de quitter la région parce que les parents avaient été renvoyés de leur emploi et ne pouvaient plus en trouver d'autre localement.
En mai et juin 1964, une action directe est menée par Martin Luther King et d'autres dirigeants des droits civiques. Une marche de nuit autour de l'ancien marché aux esclaves voit les manifestants attaqués par des ségrégationnistes blancs et résulte en des centaines d'arrestations. Les prisons étant trop petites, les détenus sont alors parqués en plein soleil les jours suivants. Des manifestants sont jetés à la mer par la police et par les ségrégationnistes et manquent de se noyer lors d'une tentative de rejoindre les plages Anastasia Island réservées aux blancs.
La tension atteint son comble quand un groupe de manifestants noirs et blancs se jettent dans la piscine du motel Monson interdite aux noirs. La photographie d'un policier plongeant pour arrêter un manifestant et celle du propriétaire du motel versant de l'acide chlorhydrique dans la piscine pour faire sortir les activistes firent le tour du monde et servirent même aux états communistes pour discréditer le discours de liberté des États-Unis. Les manifestants endurent les violences physiques et verbales sans riposter, ce qui entraîne un mouvement de sympathie nationale et aide au vote du Civil Rights Act.

Prix Nobel de la paix

Martin Luther et Coretta Scott King, 1964.
Le 14 octobre 1964, Martin Luther King devient le plus jeune lauréat du Prix Nobel de la paix pour avoir mené une résistance non violente dans le but d'éliminer les préjudices raciaux aux États-Unis. Inspiré par l'œuvre de Gandhi et membre de la branche américaine du Mouvement international de la Réconciliation, il est considéré comme un des leaders les plus importants de la non-violence du XXe siècle.

« Bloody Sunday » (Dimanche sanglant)
Article détaillé : Marches de Selma à Montgomery.
En décembre 1964, King et le SCLC joignent à nouveau leurs forces avec le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) à Selma, Alabama, où le SNCC travaille à l'enregistrement des électeurs sur les listes électorales depuis des mois[15]. Selma était un lieu important pour la défense du droit de vote des afro-américains. La moitié des habitants de la ville étaient noirs mais seul 1 % d'entre eux avaient pu s'inscrire sur les listes électorales parce que le bureau d'enregistrement n'était accessible que deux jours par mois, ouvrait en retard et prenait des pauses déjeuner à rallonge[16].
Le dimanche 7 mars 1965, 600 défenseurs des droits civiques quittent Selma pour tenter de rejoindre Montgomery, la capitale de l'état, pour présenter leurs doléances au moyen d'une marche pacifique. Ils sont arrêtés au bout de quelques kilomètres au pont Edmund Pettus par la police et une foule hostile qui les repoussent violemment à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Ce jour devint connu sous le nom de « bloody sunday »[17] et marqua un tournant dans la lutte pour les droits civiques. Les reportages montrant les violences policières permettent au mouvement de gagner le soutien de l'opinion publique et souligne le succès de la stratégie non-violente de Martin Luther King qui n'était pas présent lors de cette première marche, ayant essayé de la retarder après avoir rencontré le président Lyndon B. Johnson.

Des policiers de l'Alabama attendent les manifestants au pont Edmund Pettus
Deux jours après, King mène une marche symbolique jusqu'au pont, une action qu'il semblait avoir négocié avec les autorités locales et qui provoqua l'incompréhension des activistes de Selma. Le mouvement cherche alors la protection de la justice afin d'accomplir la marche et le juge de la cour fédérale Frank Minis Johnson Jr tranche en faveur des manifestants:
« La loi est claire sur le fait que le droit de pétitionner ses griefs auprès du gouvernement peut être exercé en groupe de grande amplitude (...) et ces droits peuvent être exercés par une marche, même le long d'une route publique. »
3 200 marcheurs partent finalement de Selma le dimanche 21 mars 1965, parcourant 20 km par jour et dormant dans les champs. C'est pendant ce trajet que Willie Ricks élabora le terme « Black Power ». Au moment où ils atteignent le capitole de Montgomery, le jeudi 25 mars, les marcheurs sont 25 000. Martin Luther King fait alors le discours « How Long, Not Long » (combien de temps, peu de temps). Le jour même, la militante blanche des droits civiques Viola Liuzzo est assassinée par le Ku Klux Klan alors qu'elle ramène des marcheurs dans sa voiture. King assiste à ses funérailles et le président Johnson intervient directement à la télévision pour annoncer l'arrestation des coupables.
Moins de cinq mois plus tard, le président Johnson signe le Voting Rights Act accordant le droit de vote sans restriction.

Chicago
En 1966, après les succès du sud, Martin Luther King et d'autres organisations de défense des droits civiques essayent d'étendre le mouvement vers le nord, Chicago devenant la première cible. King et Ralph Abernathy, tous les deux de classe moyenne, déménagent vers les bidonvilles de Chicago dans le cadre d'une expérience éducative et pour montrer leur soutien et empathie avec les pauvres.
La SCLC forme une alliance avec la CCCO (Coordinating Council of Community Organizations), une organisation fondée par Albert Raby Jr., et avec le CFM (Chicago Freedom Movement). Pendant le printemps des testing sont réalisés par des couples noirs ou blancs afin de dévoiler les pratiques discriminatoires des sociétés immobilières. Les tests révèlent que la sélection des couples qui postulent pour un logement est basée non sur le revenu, le parcours, le nombre d'enfants ou d'autres caractéristiques socio-économiques (car les couples ont exactement les mêmes), mais bien sur la couleur de peau.
Plusieurs grandes marches pacifiques sont organisées dans Chicago et, Abernathy l'écrira plus tard, l'accueil qui leur est réservé est pire que dans le sud. Ils sont reçus par une foule haineuse et des lancers de bouteilles, et King et lui commencent à vraiment craindre qu'une émeute se déclenche. Les croyances de Martin Luther King se heurtaient à sa responsabilité d'emmener les siens dans un événement violent. Si King avait la conviction qu'une marche pacifique serait dispersée dans la violence, il préférait l'annuler pour la sécurité de tous, comme ce fut le cas lors du « bloody sunday ». Il conduit néanmoins ces marches malgré des menaces de mort sur sa personne. La violence à Chicago était si intense qu'elle secoua les deux amis.
Un autre problème est la duplicité des dirigeants de la ville. Des accords sur les actions à effectuer passés par King et Abernathy étaient annulés après coup par des politiciens faisant partie de la mairie corrompue de Richard Daley. Abernathy ne pouvait plus supporter les conditions de vie dans les taudis et déménage secrètement après un court moment. Martin Luther King reste et écrit sur l'impact émotionnel que cela représente pour Coretta et ses enfants de vivre dans des conditions aussi dures.
Quand King et ses alliés retournent chez eux, ils laissent Jesse Jackson, un jeune séminariste qui avait déjà participé aux actions dans le sud, qui organise les premiers boycotts réussis pour le droit à l'accès aux mêmes emplois, ce qui sera un succès tel qu'il débouchera sur le programme d'opportunités égales dans les années 1970.

Contre la guerre du Viêt Nam et la pauvreté

Bombardement au napalm au sud de Saïgon, 1965.
À partir de 1965, Martin Luther King commence à exprimer ses doutes sur le rôle des États-Unis dans la Guerre du Viêt Nam. Le 4 avril 1967, un an avant sa mort, il fait à New-York le discours « Au-delà du Viêt Nam: le moment de briser le silence ». Il y dénonce l'attitude des État-unis au Viêt Nam et insiste sur le fait « qu'ils occupent le pays comme une colonie américaine » et appelle le gouvernement américain « le plus grand fournisseur de violence dans le monde aujourd'hui ». Il insiste aussi sur le fait que le pays a besoin d'un plus grand changement moral :
« Une vraie révolution des valeurs regarderait bientôt d'une manière honteuse les contrastes frappant entre la pauvreté et la richesse. Avec une indignation justifiée, elle regarderait au-delà des mers et verrait les capitalistes individualistes de l'ouest investissant d'énormes sommes d'argent en Asie, en Afrique et en Amérique du sud, juste pour faire des profits et sans aucune préoccupation pour les améliorations sociales dans ces pays, elle dirait: « Ce n'est pas juste. »[18] »
Martin Luther King était déjà haï par de nombreux blancs racistes des états du sud, mais ce discours retourne de nombreux médias importants contre lui. Time appelle le discours « une calomnie démagogique qui ressemblait à un script de Radio Hanoi », et le The Washington Post déclare que King « a diminué son utilité à sa cause, son pays, son peuple ».
King déclare souvent que le Vietnam du nord « n'avait pas commencé à envoyer un grand nombre de provisions ou d'hommes tant que les forces américaines n'étaient pas arrivées par dizaines de milliers ». Il acclame également la réforme agraire entreprise par le nord[19]. Il accusa aussi les États-Unis d'avoir tué un million de vietnamiens, « surtout des enfants »[20]. Il propose dans une lettre le moine bouddhiste et pacifiste vietnamien Thich Nhat Hanh, qui lutte pour l'arrêt du conflit, au prix Nobel de la paix en 1967.

Des troupes au sol sont évacuées par des Huey Hogs non loin de Củ Chi, 1966.
Martin Luther King dit aussi dans son discours[21] que « la vraie compassion, c'est plus que jeter une pièce à un mendiant; elle permet de voir qu'un édifice qui produit des mendiants à besoin d'une restructuration. (...) du Viêt Nam à l'Afrique du Sud en passant par l'Amérique latine, les États-Unis sont du mauvais côté de la révolution mondiale ». King questionne « notre alliance avec les propriétaires terriens de l'Amérique latine » et demande pourquoi les États-Unis répriment au lieu de soutenir les révolutions des « peuples pieds-nus et sans chemise » du tiers monde.
Le discours est un reflet de l'évolution politique de Martin Luther King dans ses dernières années, en partie due à son affiliation avec le Highlander Research and Education Center progressiste. King commence à parler d'un besoin de changements fondamentaux dans la vie politique et économique de la nation. Il exprime plus fréquemment son opposition à la guerre et le besoin de redistribuer les ressources pour corriger les injustices raciales et sociales. Bien que ses allocutions publiques soient réservées afin d'éviter d'être étiquetées communistes par ses ennemis politiques, en privé, il déclare souvent soutenir le socialisme démocratique :
« Vous ne pouvez pas parler d'une résolution du problème économique des nègres sans parler de milliards de dollars. Vous ne pouvez pas parler de la fin des bidonvilles sans dire d'abord que les profits ne doivent plus être faits sur les bidonvilles. Vous falsifiez vraiment parce que vous avez affaire à des gens maintenant. Vous avez affaire à des capitaines d'industrie (...) Maintenant ça signifie que vous vous déplacez dans une mer agitée, parce que ça signifie qu'il y a quelque chose qui ne va pas avec... Le capitalisme... Il doit y avoir une meilleure distribution des richesses et peut-être que l'Amérique doit se diriger vers un socialisme démocratique[22] »

Pauvres en Californie durant la grande dépression.
Martin Luther King a lu Marx alors qu'il était à Morehouse, mais tandis qu'il rejette le « capitalisme traditionnel », il rejette également le communisme à cause "de son interprétation matérialiste de l'histoire" qui nie la religion, son "relativisme ethnique" et son « totalitarisme politique »[23].
En 1968, King et le SCLC organisent la « Campagne des pauvres » pour résoudre les problèmes de la justice économique. Cependant, la campagne n'est pas soutenue par tous les dirigeants du mouvement des droits civiques, y compris Bayard Rustin. Leur opposition inclut des arguments sur le fait que les buts de la campagne étaient trop larges, les demandes irréalisables et ils pensent que cela accélérerait le mouvement de répression contre les pauvres et les noirs[24].
La campagne culmine avec une marche sur Washington, demandant une aide économique pour les communautés les plus pauvres des États-Unis. Martin Luther King traverse le pays de long en large pour rassembler une « armée multiraciale des pauvres » qui marcherait sur Washington et engagerait une désobéissance civile pacifique au capitole, si besoin est jusqu'à ce que le congrès signe une déclaration des droits de l'homme du pauvre. Le Reader's Digest parla d'une « insurrection ».
Cette « déclaration des pauvres » demande un programme d'emplois gouvernementaux pour reconstruire les villes américaines. Martin Luther King voit un besoin urgent de se confronter au congrès qui avait démontré son « hostilité aux pauvres » en « distribuant les fonds militaires avec générosité » mais donnant « des fonds aux pauvres avec avarice ». Sa vision était celle d'un changement qui était plus révolutionnaire qu'une simple réforme : il citait les défauts systématiques du racisme, de la pauvreté, du militarisme et du matérialisme, et que « la reconstruction de la société elle-même était le vrai problème qu'il fallait résoudre »[25].

Assassinat
Fin mars 1968, Martin Luther King va à Memphis, Tennessee pour soutenir les éboueurs noirs locaux qui sont en grève depuis le 12 mars afin d'obtenir un meilleur salaire et un meilleur traitement. Les afro-américains étaient payés 1,70 dollar de l'heure et n'étaient pas payés quand ils ne pouvaient pas travailler pour raison climatique, contrairement aux travailleurs blancs[26],[27]. Des violences éclatent autour des marches pacifiques, un jeune Afro-Américain est tué[28].

Le balcon du Lorraine Motel où a été assassiné Martin Luther King, maintenant le site du musée national des droits civiques.
Le 3 avril, au Mason Temple (Church of God in Christ, Inc. - siège mondial), King fait le discours prophétique « I've Been to the Mountaintop » (« J'ai été au sommet de la montagne ») devant une foule euphorique :
« Ce n'est pas vraiment important ce qui arrive maintenant... Certains ont commencé à... parler des menaces qui se profilaient. Qu'est-ce qui pourrait m'arriver de la part d'un de nos frères blancs malades... Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La longévité est importante mais je ne suis pas concerné par ça maintenant. Je veux juste accomplir la volonté de Dieu. Et il m'a autorisé à grimper sur la montagne ! Et j'ai regardé autour de moi, et j'ai vu la terre promise. Je n'irai peut-être pas là-bas avec vous. Mais je veux que vous sachiez ce soir, que nous, comme peuple, atteindrons la terre promise. Et je suis si heureux ce soir. Je n'ai aucune crainte. Je n'ai peur d'aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du seigneur ! »
Le 4 avril 1968 à 18h01, Martin Luther King est assassiné par un ségrégationniste blanc sur le balcon du Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee. Ses dernières paroles sur le balcon sont au musicien Ben Branch qui devait se produire ce soir-là une réunion publique à laquelle assistait King :
« Ben, prévois de jouer Precious Lord, Take My Hand (Seigneur, prends ma main) à la réunion de ce soir. Joue-le de la plus belle manière »[29].
Ses amis à l'intérieur de la chambre du motel entendent des coups de feu et courent sur le balcon pour trouver Martin Luther King abattu d'une balle dans la gorge. Il est déclaré mort au St. Joseph's Hospital à 19h05. L'assassinat provoque une vague d'émeutes raciales dans 60 villes des États-Unis (125 au total[30]) qui font de nombreux morts et oblige l'intervention de la garde nationale[31].
Cinq jours plus tard, le président Johnson déclare un jour de deuil national (le premier pour un afro-américain) en l'honneur de Martin Luther King. 300 000 personnes assistent à ses funérailles le même jour ainsi que le vice-président Hubert Humphrey (Johnson était à une réunion sur le Viêt Nam à Camp David et il y avait des craintes que la présence du président provoque des manifestations des pacifistes).
À la demande de sa veuve, King fit sa propre oraison funèbre avec son dernier sermon « Drum Major » enregistré à l'Ebenezer Baptist Church. Dans ce sermon, il demande qu'à ses funérailles aucune mention de ses honneurs ne soit faite, mais qu'il soit dit qu'il avait essayé de « nourrir les affamés », « habiller les nus », « être droit sur la question du Viêt Nam » et « aimer et servir l'humanité ». À sa demande, son amie Mahalia Jackson chante son hymne favori, Take My Hand, Precious Lord.
La ville de Memphis négocie la fin de la grève d'une manière favorable aux éboueurs après l'assassinat[32],[33].
D'après le biographe Taylor Branch, l'autopsie de King révéla que bien qu'il ait seulement 39 ans, son cœur paraissait aussi âgé que celui d'un homme de 60 ans, montrant physiquement l'effet du stress de 13 ans dans le mouvement des droits civiques[34].

Enquêtes et développements récents
Deux mois après la mort de King, James Earl Ray, un évadé, est capturé à l'aéroport de Londres Heathrow alors qu'il essayait de quitter le Royaume-Uni avec un faux passeport canadien au nom de Ramon George Sneyd. Ray est très vite extradé au Tennessee et accusé du meurtre de Martin Luther King, ayant avoué l'assassinat le 10 mars 1969, avant de se rétracter trois jours après. Sur le conseil de son avocat Percy Foreman, Ray choisit de plaider coupable afin d'éviter la peine de mort. Il est condamné à 99 ans de prison.

Tombe de Martin Luther King au Martin Luther King, Jr. National Historic Site à Atlanta sur laquelle on peut lire « Free at last » (Enfin libre).
Ray renvoie son avocat, clamant que les coupables du meurtre sont un certain « Raoul » et son frère Johnny qu'il a rencontré à Montréal au Canada. Il raconte de plus qu'« il n'avait pas tiré personnellement sur King » mais qu'il pouvait « être partiellement responsable sans le savoir », indiquant une piste de conspiration. Il passe alors le reste de sa vie à tenter vainement de retirer sa condamnation et à faire rouvrir le procès.
Le 10 juin 1977, peu après avoir témoigné devant une commission du congrès sur les assassinats qu'il n'avait pas tué King, il s'évade avec six autres condamnés du pénitencier de Brushy Mountain au Tennessee. Il est recapturé le 13 juin et retourne en prison[35].
En 1997, Dexter Scott King, le fils de Martin Luther King, rencontre Ray et soutient publiquement les efforts de Ray pour obtenir un nouveau jugement[36] .
En 1999, un an après la mort de Ray, Coretta Scott King, veuve de Martin Luther et dirigeante des droits civiques elle aussi, et le reste de la famille King gagnent un procès civil contre Loyd Jowers (propriétaire d'un restaurant non-loin du Motel) et « d'autres conspirateurs ». En décembre 1993, Jowers était apparu dans le Prime Time Live de ABC News et avait révélé des détails d'une conspiration impliquant la mafia et le gouvernement pour tuer King. Jowers raconte lors du procès avoir reçu 100 000 dollars pour organiser l'assassinat de Martin Luther King. Le jury de six noirs et six blancs juge Jowers coupable et mentionne que « des agences fédérales étaient associées » au complot de l'assassinat[37]. William F. Pepper, ancien avocat de Ray, représente la famille de King lors du procès et produit 70 témoins[38],[39],[40]. À l'issue du procès, la famille de Martin Luther King ne croit pas que Ray ait quelque chose à voir avec l'assassinat de celui-ci[41].
En 2000, le Département de la Justice des États-Unis termine une enquête sur les révélations de Jowers, mais ne trouve aucune preuve qui pourrait démontrer une conspiration. Le rapport d'enquête recommande qu'il n'y ait aucune nouvelle recherche tant que de nouveaux faits fiables ne seraient pas présentés[42].

Allégations de conspiration
Certains spéculent que Ray n'était qu'un pion, de la même façon que l'assassin présumé de John F. Kennedy, Lee Harvey Oswald était supposé l'avoir été (voir Assassinat de John F. Kennedy). Les preuves avancées par ses partisans sont :
La confession de Ray a été obtenue sous la pression, et il a été menacé avec la peine de mort[43],[44].
Ray était un petit voleur et cambrioleur, il n'avait aucun casier judiciaire mentionnant un crime violent avec détention d'arme[45].
Deux tests balistiques conduits sur l'arme du crime, une Remington Gamemaster, n'ont jamais prouvé que Ray avait été l'assassin ou que cette arme était vraiment celle qui avait servi au meurtre[46],[47].
Les témoins du meurtre de King disent que le coup de feu ne provenait pas de la maison de rapport mentionnée par l'enquête, mais d'un buisson à côté d'elle. Un buisson inexplicablement enlevé quelques jours après l'assassinat[48].
Le 6 avril 2002, le New York Times rapporta qu'un pasteur, le Révérend Ronald Denton Wilson, déclarait que c'était son père Henry Clay Wilson qui avait assassiné Martin Luther King Jr, et non James Earl Ray. Il dit que ses motifs n'étaient pas racistes mais politiques, pensant que King était communiste[49].
En 2004, Jesse Jackson, qui était avec King au moment de son assassinat, nota :
« Le fait est qu'il y avait des saboteurs pour déranger la marche. À l'intérieur de notre propre organisation, on a découvert qu'une personne très importante était payée par le gouvernement. Donc infiltration à l'intérieur, saboteurs à l'extérieur et attaques de la presse. ... Je ne croirai jamais que James Earl Ray avait le motif, l'argent et la mobilité pour avoir fait cela lui-même. Notre gouvernement a été très impliqué à préparer le terrain et je pense la route de fuite de James Earl Ray »[50].
Un ami et collègue de King, James Bevel, résume plus abruptement :
« Il n'y a aucun moyen qu'un garçon blanc à 10 cents puisse développer un plan pour tuer un homme noir à 10 millions de dollars »[29].
Les biographes David Garrow et Gerald Posner s'opposent au contraire aux conclusions de William F. Pepper qui a amené le jugement de 1999 accusant le gouvernement d'implication dans le meurtre de Martin Luther King Jr[51].

La pensée de Martin Luther King

Désobéissance civile et non violence
Dans la Lettre de la prison de Birmingham écrite le 16 avril 1963 alors qu'il avait été arrêté pour une manifestation non violente, Martin Luther King répond par cette lettre ouverte à huit prêtres blancs de l'Alabama qui avaient écrit quatre jours plus tôt une lettre intitulé Un appel à l'unité. Ils admettaient que des injustices sociales existaient mais exprimaient la croyance que la bataille contre la ségrégation raciale devait avoir lieu dans les tribunaux et non dans la rue. King répond alors que sans des actions directes et puissantes comme celles qu'il entreprenait, les droits civiques ne seraient jamais obtenus.
Il écrit qu' «attendre à presque toujours signifié jamais » et il affirme que la désobéissance civile est non seulement justifiée face à une loi injuste, mais aussi que « chacun a la responsabilité morale de désobéir aux lois injustes ».
La lettre inclut la célèbre citation « Une injustice où qu'elle soit est une menace pour la justice partout » mais aussi les paroles de Thurgood Marshall qu'il répète : « Une justice trop longtemps retardée est une justice refusée ».[52]
Jusqu'à la fin de sa vie, Martin Luther King reste opposé à à la radicalisation et à la violence pronée par le Black Power et souligne que "Les émeutes ne règlent rien" et considère ce moyen comme inefficace au-delà même de la nature opposée des émeutes à sa doctrine de non-violence, de morale et de foi :
« Si on dit que le pouvoir est la capacité à changer les choses ou la capacité à réussir ses objectifs, alors ce n'est pas le pouvoir que de s'engager dans un acte qui n'accomplit pas cela : et ceci quelque soit le bruit que vous fassiez et le nombre de choses que vous brûliez ».[53]
Pour lui une guérilla comme celle de Che Guevara est une « illusion romantique ». King préfère la discipline de la désobéissance civile qu'il définit non seulement comme un droit mais aussi un hommage à une énergie démocratique inexploitée. De même pour la pauvreté, il demande aux militants d'« utiliser tout le pouvoir de la non-violence sur le problème économique », même si rien dans la constitution américaine ne garantit un toit et un repas. Martin Luther King reconnaît la difficulté de la tâche mais demande à ce que personne ne soit intimidé par ceux qui se moquent de la non-violence. Il note la similitude de leur lutte avec celle de Jésus :
"L'opinion publique s'est retournée contre lui. Ils ont dit qu'il était un agitateur. Il utilisait la désobéissance civile. Il a refusé les injonctions de la loi".[54]
Pour King, la non-violence est non seulement juste mais indispensable, car aussi juste que soit la cause d'origine, la violence signifie l'échec et le cycle de vengeance de la loi du talion, alors qu'il défend l'éthique de réciprocité :
« L'ultime faiblesse de la violence est que c'est une spirale descendante, engendrant la chose même qu'elle cherche à détruire. Au lieu d'affaiblir la mal, elle le multiplie. En utilisant la violence, vous pouvez tuer le menteur, mais vous ne pouvez pas tuer le mensonge, ni rétablir la vérité. En utilisant la violence, vous pouvez assassiner le haineux, mais vous ne pouvez pas tuer la haine. En fait, la violence fait simplement grandir la haine. Et cela continue... Rendre la haine pour la haine multiplie la haine, ajoutant une obscurité plus profonde à une nuit sans étoiles. L'obscurité ne peut pas chasser l'obscurité : seule la lumière peut faire cela. La haine ne peut pas chasser la haine : seul l'amour peut faire cela.[55] ».
En effet Martin Luther King affirme que la fin ne peut justifier les moyens contrairement à la formule de Machiavel :
« J'ai toujours prêché que la non-violence demande que les moyens que nous utilisons doivent être aussi purs que la fin que nous recherchons. J'ai essayé de rendre clair que c'est mal d'utiliser des moyens immoraux pour atteindre une juste fin. Mais je dois affirmer maintenant que c'est aussi mal, voir pire encore, d'utiliser des moyens moraux pour préserver une fin immorale [56]».
Dans sa Lettre de Birmingham, il répond même aux prêtres qui l'accusent de créer des opportunités à la violence avec sa désobéissance civile pacifique dans un milieu raciste que celui qui demande justice de manière non-violente ne peut être le fauteur de trouble :
« Dans votre déclaration, vous affirmez que nos actions, bien que pacifiques, doivent être condamnées parce qu'elles précipitent la violence. Mais est-ce une affirmation logique ? N'est-ce pas comme si vous condamniez un homme qui s'est fait volé parce que le fait qu'il possède de l'argent aurait engendré l'acte du vol ? [57] ».

Egalité raciale, liberté et fierté
Au delà de son combat pour l'égalité raciale, du discours I have a dream où il imagine que ses "quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur personne" et de la victoire politique avec les votes des Civil Rights Act et Voting Rights Act , Martin Luther King a identifié que l'égalité raciale ne vient pas seulement des lois qui défendent la personne mais surtout de la façon dont cette personne se perçoit elle même:
« Aussi longtemps que l'esprit est mis en esclavage, le corps ne peut jamais être libre. La liberté psychologique, un ferme sens d'estime de soi, est l'arme la plus puissante contre la longue nuit de l'esclavage physique. Aucune proclamation d'émancipation lincolnienne ou charte des droits civiques johnsonienne ne peut apporter totalement cette sorte de liberté. Le nègre sera libre quand il atteindra les profondeurs de son être et qu'il signera avec le stylo et l'encre de son humanité affirmée sa propre déclaration d'émancipation. Et avec un esprit tendu vers la vraie estime de soi, le nègre doit rejeter fièrement les menottes de l'auto-abnégation et dire à lui-même et au monde, "je suis quelqu'un. Je suis une personne. Je suis un homme avec dignité et honneur. J'ai une histoire riche et noble".[58]

Compensation historique

Martin Luther KIng à une conférence de presse sur son livre Why we can't wait (Pourquoi nous ne pouvons attendre), le 8 juin 1964.
Plusieurs fois, Martin Luther King Jr. exprime son opinion que les Afro-Américains, ainsi que les autres américains désavantagés, devraient être dédommagés pour les torts qui leur avaient été fait historiquement.
Interviewé par Alex Haley en 1965, il dit que donner seulement l'égalité aux Afro-Américains ne pourrait pas supprimer l'écart de revenu entre eux et les blancs. King indique qu'il ne demande pas une restitution complète des salaires jamais payés lors de l'esclavage, ce qu'il croyait être impossible, mais propose un programme de compensation gouvernemental de 50 milliards de dollars sur 10 ans pour tous les groupes désavantagés.
Il souligne que « l'argent dépensé serait plus que justifié par les bénéfices qu'il apporterait à la nation toute entière grâce à une baisse spectaculaire de l'abandon scolaire, des séparations familiales, du taux de criminalité, de l'illégitimité, des énormes dépenses sociales, des émeutes et de beaucoup d'autres malheurs sociaux[59]. »
Dans son livre Pourquoi nous ne pouvons attendre de 1964, il développe cette idée, expliquant que le règlement du travail non rémunéré était une application de la common law[60].

Relations avec le FBI
Le FBI et son directeur J. Edgar Hoover avaient des relations antagonistes avec Martin Luther King. Sur ordre écrit du ministre de la justice Robert Francis Kennedy, le FBI commença à enquêter sur King et le Southern Christian Leadership Conference (SCLC, « Conférence des Chrétiens Dirigeants du Sud ») en 1961. Les enquêtes furent superficielles jusqu'en 1962, où le FBI apprit qu'un des conseillers les plus importants de King, Stanley Levison, avait des liens avec le parti communiste des États-Unis. D'après une de ses déclarations sous serment au comité des affaires anti-américaines, un des lieutenants de King, Hunter Pitts O'Dell, était aussi lié au parti communiste .
Le FBI mit King et Levinson sous surveillance, et installa des micros cachés dans les chambres d'hôtels que le pasteur utilisait lors de ses déplacements à travers le pays. Le FBI informa Robert et le président John F. Kennedy qui essayèrent de convaincre sans succès Martin Luther King de se séparer de Levinson. De son côté, King dénia catégoriquement avoir des liens avec les communistes, disant dans un interview « qu'il y avait autant de communistes dans son mouvement des libertés que d'Eskimos en Floride »; Hoover répondit en accusant King d'être « le menteur le plus célèbre du pays »[59].

Le directeur du FBI J. Edgar Hoover en 1961.
Cette tentative de prouver que King était communiste était due au fait que beaucoup de ségrégationnistes croyaient que les noirs du sud étaient jusqu'ici heureux de leur sort mais qu'ils avaient été manipulés par des « communistes » et des « agitateurs étrangers ». Levinson, avocat, avait eu des liens avec le parti communiste au cours de négociations commerciales, mais le FBI refusa de croire les rapports qui indiquaient que Levinson n'avait plus aucune association avec eux.
Comme rien n'avait pu être trouvé politiquement contre Martin Luther King, les objectifs et les enquêtes du FBI changèrent en des tentatives de le discréditer au travers de sa vie privée. L'agence tenta de prouver qu'il était un mari infidèle. Les enregistrements, certains rendus publics depuis, n'apportèrent rien de concluant et aucune preuve ne put être apportée sur les infidélités supposées de King, malgré les remarques de certains officiels tel le président Johnson qui avait dit que King était un « prêcheur hypocrite ». Des livres parurent dans les années 1980 à ce sujet mais aucun ne put avancer les preuves d'une quelconque infidélité.
Le FBI distribua des rapports sur ces supposés écarts de vie privée à des journalistes amis, des alliés ou sources de financement possibles de la SCLC, et même à la famille de King. L'agence envoya également des lettres anonymes à Martin Luther King, le menaçant de révéler plus d'informations s'il ne cessait pas son militantisme pour les droits civiques[61]. Cette lettre a souvent été interprétée comme une demande à King de se suicider[62],[63].
Finalement, le FBI arrêta ses enquêtes sur la vie privée de King et le harcèlement pour se concentrer sur la SCLC et le mouvement des Black Power. Mais après qu'une manifestation pacifique à Memphis en mars 1968 ait été débordée par des éléments violent du black power, Hoover qui possédait un agent infiltré dans la hiérarchie du SCLC lança une nouvelle campagne de discrédit sur Martin Luther King. Le 2 avril, il obtint une reprise des écoutes. Le jour même de l'assassinat de King, le bureau du FBI du Mississipi proposa deux nouveaux programmes de contre-information (COINTELPRO) utilisant rumeurs et désinformation « pour discréditer King auprès des noirs pauvres dont il cherche le soutien » [64].
Le dernier contact du FBI avec King fut juste après sa mort. L'agence surveillait King au Lorraine Motel dans un bâtiment de l'autre côté de la rue, tout près d'où était situé James Earl. Dès que King fut abattu, ils furent donc les premiers à arriver sur les lieux pour lui administrer les premiers soins. Pour les partisans d'une théorie de la conspiration, leur présence si proche des lieux du crime était une confirmation que le FBI était impliqué dans l'assassinat.
Le 31 janvier 1977, dans les affaires 'Bernard S. Lee v. Clarence M. Kelley, et al.' et 'Southern Christian Leadership Conference v. Clarence M. Kelley, et al.', le juge John Lewis Smith, Jr. ordonna que tous les enregistrements et transcriptions manuelles connues et existantes sur l'espionnage de King de 1963 à 1968 soient conservés au National Archives and Records Administration et interdits d'accès public jusqu'en 2027.

Héritage

Hommages

Sur la galerie des martyrs du XXe siècle de l'abbaye de Westminster- La mère Elisabeth de Russie, le révérend Martin Luther King, l'Archevêque Oscar Romero, le pasteur Dietrich Bonhoeffer
Après avoir gagné le prix Nobel de la paix 1964, Martin Luther King a reçu en 1965 le médaillon des libertés américaines du American Jewish Committee « pour son exceptionnel avancement sur les principes des libertés humaines ». King a dit à la cérémonie de réception du prix, « La liberté est une chose. Vous l'avez entière ou vous n'êtes pas libre ». La même année il reçoit le prix Pacem in Terris (paix sur la terre en latin) basé sur l'encyclique Pacem in Terris du pape Jean XXIII.
En 1966, la fédération du Planning familial d'Amérique lui décerne le prix Margaret Sanger « pour sa courageuse résistance à la bigoterie et à sa vie de dévouement à la progression de la justice sociale et de la dignité humaine »[65]. Martin Luther King reçoit à titre posthume le prix Marcus Garvey du gouvernement de la Jamaïque en 1968. En 1971, il reçoit le Grammy Award du meilleur enregistrement parlé pour son discours Why I Oppose the War in Viêt Nam (Pourquoi je m'oppose à la guerre du Viêt Nam).
Le président Jimmy Carter lui décerne la Presidential Medal of Freedom à titre posthume en 1977[66].
En 1980, le quartier où Martin Luther King passa sa jeunesse est déclaré monument historique. Le 2 novembre 1983, le président Ronald Reagan signe une loi créant un jour férié honorant King, le Martin Luther King Day. Les premiers états l'appliquent en 1986 et le 17 janvier 2000, le jour férié est officiellement observé dans les 50 états[67].
En 1998, la fraternité Alpha Phi Alpha, dont faisait partie King, a été autorisée par le Congrès des États-Unis à créer un mémorial. Martin Luther King sera la premier afro-américain et le deuxième non-président à être honoré par un monument dans le National Mall de Washington, DC. Plus de 730 villes des États-Unis avaient une rue Martin Luther King en 2006.

Partisans et influence

Statue située à Ingram Park, Birmingham, Alabama.
Martin Luther King est une des personnalités les plus admirées de l'Histoire américaine[68]. Comme il avait été inspiré par Gandhi, de nombreuses personnalités sur la scène internationale dont Colin Powell, José Bové et Jesse Jackson l'ont pris comme exemple pour sa lutte en faveur des droits de l'homme et sa méthode de désobéissance civile au travers de la non-violence pour y parvenir. Il a influencé les mouvements des droits de l'homme en Afrique du Sud et a été cité comme inspiration par un autre prix Nobel de la paix qui a combattu pour l'égalité dans ce pays, Albert Luthuli.
La femme de Martin Luther, Coretta Scott King, a suivi les traces de son mari et était très active sur les problèmes de justice sociale et les droits civiques jusqu'à sa mort en 2006. L'année de l'assassinat de son mari, elle fonda le King Center[69] à Atlanta, dédié à préserver son héritage et son travail de promotion de la résolution non-violente des conflits, et à la tolérance dans le monde.
Son fils, Dexter King, est actuellement le président du centre et sa fille Yolanda a fondé la Higher Ground Productions, une organisation spécialisée dans l'entraînement de la diversité.

Critiques

Martin Luther King et Malcolm X à une conférence de presse, 1964.
Même des accusations d'infidélité ou de plagiat académique, les attaques de militants plus radicaux comme le mouvement Black Power ou Malcolm X n'ont pas endommagé l'image de Martin Luther King.
D'autres critiques, comme Stokely Carmichael était en désaccord avec la volonté d'intégration de King, qu'il considérait comme un moyen d'arriver à ses fins et non comme un principe. Carmichael voyait donc le combat de Martin Luther King comme une insulte à la culture afro-américaine[70].
Omali Yeshitela qui dirigera le International People's Democratic Uhuru Movement (UnPDUM)[71], plus radical, demanda également aux africains de se rappeler que la colonisation européenne s'était faite de manière violente et forcée et non par intégration dans la culture africaine. Donc essayer de s'intégrer dans la culture du « colonisateur » était là aussi une insulte à la culture originelle africaine.

Influence dans la culture populaire
De nombreux artistes ont été inspiré par le message de Martin Luther King.
Le chanteur Stevie Wonder a écrit la chanson Happy birthday dans l'album Hotter Than July (1980), en l'honneur de Martin Luther King. La fin de la chanson cite une grande partie des événements historiques et records accomplis par des noirs.
Le groupe U2, grand admirateur de Martin Luther King, a écrit les chansons MLK et Pride (in the name of love) dans l'album The Unforgettable Fire (1984). Pride est leur plus grand succès obtenu à l'époque et a été repris en version concert dans l'album Rattle and Hum.
Martin Luther King a inspiré Stan Lee pour le personnage du Professeur Xavier de X-Men. Xavier prône l'intégration des mutants au sein du reste des humains, à l'opposé de Magneto, inspiré de Malcolm X[72].
Le groupe Rage against the machine dans la chanson Wake up (1992) mentionne l'assassinat de King suite à sa lutte contre la guerre du Viêt Nam et la pauvreté.
« You know they went after King, When he spoke out on Vietnam, He turned the power to the have-nots, And then came the shot (Vous savez qu'ils ont recherché King, quand il a dénoncé le [la guerre du] Vietnam, il a donné le pouvoir à ceux qui n'avaient rien, et alors est venu le coup de feu). »
Cette chanson a été réutilisé dans la bande originale du film Matrix.
Le rappeur afro-américain Common a écrit, en collaboration avec Will.i.am, une chanson reprenant une partie du fameux discours "I have a dream", du nom de "I am I have a dream".
Ben Harper avoue une grande admiration pour King et a dit à son sujet : « Le plus étonnant chez Martin Luther King, c'est qu'il respirait la paix : elle émanait de lui, de tout son être, du moindre regard, du moindre geste. Quand on en est là, on peut avancer. C'est LE grand homme, un des êtres les plus pacifiques que le monde ait connu ; tout était prière pour lui et c'est exactement la voie à suivre.»[73]

Voir aussi

unidad morelos



UN DÍA ANTES DE LA FIESTA DE LA UNIDAD MORELOS




KEVIN Y AMIGOS


KARIM Y SU AMIGO CON LA AYUDANTE DE TEQUESQUITENGO


ZÓCALO DE TEQUESQUITENGO, MORELOS
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KARIM Y MARTIN E N LAS TRIBUNAS DE LA CONASUPO, UNIDAD MORELOS, JOJUTLA, MÉXICO


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CORONACIÓN REINA SEC TECNICA 34 UNIDAD MORELOS, JOJUTLA, MOR.




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CORONACIÓN REINA DE LA SEC. TECNICA 34 UNIDAD MORELOS, JOJUTLA




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CORONACIÓN DE LA REYNA DE LA SECUNDARIA TÉCNICA 34 DE LA UNIDAD MORELOS




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sábado, 5 de abril de 2008

Death in Venice (Muerte en Venecia)

TADZIO PT. 2

Death in venice - Mahlers 5th (the first part)

Death In Venice

Mahler Adagietto / Björn Andrésen (Death in Venice - 1971)

Mahler - Symphony no.5 film montage

Chopin - Prelude No.24 in D Minor

Chopin Prelude No. 16

Sergio Tiempo plays Chopin Prelude No. 4

Chopin Piano sonata Funeral March, Op.35, no.2 by Maksim

Chopin - Polonaise As-Dur op 53

Yundi Li plays Chopin Nocturne Op. 9 No. 2

appassionata

XIII Int'l Tchaik Comp: Mayuko Kamio, Tchaikovsky 35/III

Tchaicovsky - Violin Concerto in Re Major Op. 35

Sailormoon and an Overture

1812 OVERTURE FINALE

Fireworks to 1812 Overture

Serenata Melancolica - Tchaicovsky

CUENTO DE ANUAR

ESTE MAGNÍFICO CUENTO FUE COPIADO DE UNA PÁGINA DE NETLOG. ABAJO LES PONGO EL VÍNCULO. NO TENGO DATOS DEL AUTOR...
miércoles, 26 septiembre 2007 a las 19:43

El teléfono timbró por quinta vez. Celia lo dejó sonar. Eran cobradores. “Que se vayan al carajo, a ver quién se cansa primero”. Luis se había ido a probar suerte a Estados Unidos. La promesa era trabajar allá y mandarle dinero. Ya eran tres meses desde el primer –y único– depósito de cuarenta dólares que le girara a través de Electra. Después, nada. Ni cartas ni llamadas. Había usado todo el dinero que tenían ahorrado para pagarle al pollero y ahora Celia y sus dos hijos se las arreglaban como podían. –Ni metiéndome de puta. Le dijo a la factura del gas que colgaba de un imán en el refrigerador. Salió al patio cargando una bolsa de basura. Un sol ceniciento trataba inútilmente de arrancar destellos a las docenas de corcholatas que habían sido remachadas en el suelo a fuerza de años de caminar sobre ellas. Se dirigió a la puerta tratando de escabullirse, de no hacer ruido. No lo logró. La dueña de la vecindad se le plantó enfrente cerrándole el paso y le exigió la renta. –Doña Tere, déme unos días. Estoy esperando que Luis me mande dinero en lo que consigo chamba. La anciana soltó un bufido. –Ese cabrón ya no va a regresar ni te va a mandar nada. A estas alturas ya hasta se ha de haber casado con alguna gringa. O me pagas a más tardar el martes o te pongo en la calle con todo y tus escuincles piojosos. Hizo a un lado su tosca humanidad y la dejó salir. El olor de la calle se escurrió con violencia dentro de Celia. Las hojas de octubre amontonaban su breve muerte en las coladeras y grandes charcos de agua plomiza se extendían a lo largo de las banquetas. El camión de la basura avanzaba con lentitud al final de la calle, hundiéndose en los baches y haciendo sonar su campana con desgano. Celia corrió para alcanzarlo, pero resbaló en un charco. Cayó hacia atrás con las piernas abiertas. La falda se le había subido, dejando al descubierto sus pantaletas blancas; la bolsa de basura se desfondó desparramando todo su contenido a lo ancho de la calle. El conductor del camión y sus ayudantes, dedicaron a Celia una ráfaga de obscenidades y rechiflas. Ella no hizo el mínimo intento por contener las lágrimas. El eco de la campana permaneció flotando en el aire mucho tiempo después de que el camión diese vuelta en la esquina. . . . La falda y la ropa interior colgaban lánguidas del marco de la ventana. Iban a dar las nueve. Tenía que atravesar la ciudad para presentarse a una entrevista de trabajo a las once. Revolvió los cajones de la cómoda que hacía las veces de ropero, archivero o alacena según el caso. Desocupó casi la totalidad del mueble hasta que encontró lo que buscaba: un boleto del metro. Lo sostuvo entre sus manos como a un pájaro herido. –Las llaves del coche– musitó y una mueca que pretendía ser sonrisa le torció los labios. Caminó hacia la estación del metro. –Cruza los dedos pa que te contraten se decía en voz baja. –Pa que dures, pa que el jefe no te agarre las nalgas como los dos últimos y te tengas que ir. Pídele a dios que te saque del hoyo en el que estás metida. . El torniquete escupió el boleto por tercera vez. Celia lo tomó y trató de alisarlo con los dedos. Fue inútil. Era demasiado viejo. La tinta estaba ya descolorida y sólo se alcanzaba a leer la leyenda en la parte de abajo que rezaba: Un viaje. Celia la leyó como si estuviera escrita en otro idioma. “¿Un viaje? ¿A dónde?” Pegó un respingo cuando el policía que vigilaba el acceso le arranco el boleto de las manos y lo desgarró por la mitad. Se le quedó mirando sin saber qué hacer. –¿Va a pasar o no? El azul mantenía abierta la puerta a la izquierda de los torniquetes, con expresión de fastidio. Ni siquiera se dignó a mirarla cuando ella le susurro un gracias en el que había mucho más de temor que de gratitud. Caminó hacia el andén. Un viaje a otro posible fracaso. La luz del convoy se acercaba por el túnel. Un viaje a un mundo donde unos tipos que pasaban el día con las manos metidas en la basura podían darse el lujo humillarla. Una brisa metálica precedió la llegada del tren. Un viaje a un corredor lleno de puertas, cuyo único objetivo era cerrarse ante sus narices en cuanto ella intentaba trasponerlas. La gente que esperaba dio un paso atrás. Un viaje… El primer vagón apareció en la boca del túnel como la cabeza de una serpiente anaranjada. Un viaje… El reloj de la estación marcaba la nueve y trece. Un viaje… Un ratón se escondió entre la gravilla al sentir la inminencia del arribo de la serpiente que se deslizaba por los rieles. Celia saltó. Novecientas veintiocho personas llegaron tarde a trabajar esa mañana.
Anuar Zúñiga Naime

viernes, 4 de abril de 2008

Acapulco Compilation Video

Recorrido por Acapulco

Playa de Acapulco, Guerrero

Zayones de Tetela

Panteón viejo Tetela del Volcan

Viaje a Tetela Del volcan Morelos

Tlaquiltenango

La Banda de Tlayacapan

Tepozteco

tepoztlan

VUELA TEPOZTLAN

JANTETELCO LA PEÑA QUEBRADA (segunda parte)

JANTETELCO LA PEÑA QUEBRADA (primera parte)

Un Bonito Paisaje Jonacatepec, Morelos

Descubren a la mariposa mas antigua del mundo en Morelos

Panoramica de Zacatepec

ESTADIO AGUSTÍN "CORUCO" DÍAZ

NO SE PUEDE CONCEBIR LA ZONA SUR DE MORELOS SIN ESTE LUGAR, PLAGADO DE NOSTALGIA, DE HISTORIA DEPORTIVA, DE TRIUNFOS, DE DERROTAS, DE LÁGRIMAS Y RISAS. EL ESTADIO AGUSTÍN "CORUCO" DÍAZ, SEDE DEL HISTÓRICO CLUB ZACATEPEC A.C.

JAVIER SOLIS Y NAT KING COLE

BUENO, LES PRESENTAMOS UNAS BELLÍSIMAS CANCIONES MEXICANAS Y DE OTROS AUTORES LATINOAMERICANOS, INTERPRETADAS POR EL GRAN CANTANTE JAVIER SOLIS. TAMBIÉN ESCUCHARÁN "LA ADELITA" Y LAS TRADICIONALES "LAS GOLONDRINAS", INTERPRETADAS POR EL MAGNÍFICO EXTINTO CANTANTE NORTEAMERICANO: NAT KING COLE.
Javier Solís
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Seudónimo artístico de Gabriel Siria Levario, cantante y actor mexicano, conocido también como el «Rey del Bolero Ranchero» (Ciudad de México; 1 de septiembre de 193119 de abril de 1966).
Tabla de contenidos[ocultar]
1 Biografía
1.1 Infancia y adolescencia
2 Inicios Artísticos
3 Carrera Profesional
4 Enfermedad y fallecimiento
5 Algunas de sus interpretaciones
6 Homenajes discográficos
7 Discografía parcial
8 Discografía Postmortem
9 Enlaces externos
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Biografía [editar]

Infancia y adolescencia [editar]
Fue el primero de los tres hijos del matrimonio formado por Francisco Siria Mora de oficio panadero y Juana Levario Plata, comerciante. Ésta última poseía un puesto de venta en un mercado público y debido al abandono por su esposo y al tiempo que le demandaba su trabajo, decidió en Abril de 1932 dejar a Gabriel en casa de sus tíos Valentín Levario Plata y Ángela López Martínez. De hecho, el futuro artista siempre los consideró sus verdaderos padres.
Logró estudiar hasta el 5º año de educación en escuelas ubicadas en el barrio de Tacubaya, donde creció. En estas escuelas, comienzan sus inquietudes artísticas, pues solía participar como cantante en los festivales escolares. Sin embargo, deja de asistir a la escuela, para ayudar en los gastos domésticos y trabaja como recolector de huesos y vidrios. Posteriormente, trabajó trasladando mercancías en un automercado. En noviembre de 1939, fallece su madre adoptiva lo cual le afectó durante mucho tiempo. Sin embargo, el futuro cantante debió sobreponerse y continuó trabajando en oficios como panadero, carnicero, cargador de canastas en el mercado y lavador de automóviles. Luego se interesaría por el deporte, llegando a ser gran aficionado al box, al béisbol y al futbol.
Sin embargo es su inquietud de cantar, la que hace que empiece a cantar tangos y a presentarse en lugares públicos de espectáculos, conocidos como carpas. Su primera oportunidad, se la ofreció Manuel Garay, quien era payaso de profesión y administrador del Teatro Salón Obrero. Ahí fue donde se puso como sobrenombre artístico Javier Luquín y participaba en concursos de aficionados, llegando a ganar en más de una ocasión un par de zapatos donados por una zapatería del lugar. Continúa trabajando en carnicerías y en una de ellas, su propietario David Lara Ríos, dándose cuenta de las habilidades del joven intérprete le paga clases de canto con el Maestro Noé Quintero, quien había sido maestro de vocalización de cantantes reconocidos para la época.

Inicios Artísticos [editar]
Comienza una nueva etapa, actuando en restaurantes y formando el "Duo Guadalajara" y luego integrando el "Trio Flamingo", llamado después "Trio México", con sus amigos Pablo Flores y Miguel Ortiz Reyes. A principios de 1948, continúa trabajando como carnicero y se inicia como intérprete solista de música ranchera cantando en las noches con grupos de mariachis en la "Plaza Garibaldi" y en la Calle Honduras, en la capital mexicana. Después canta en los restaurantes "El Tenampa" y el "Guadalajara de Noche", donde se hacía acompañar del mariachi "América" de Alfredo Serna. Como no tenía sueldo fijo, sus ingresos provenían de las propinas que recibía. Ese mismo año, por primera vez participa en un concurso radial, sin usar su seudónimo y, al finalizar el año, mientras cantaba en la "Plaza Garibaldi" el General Rafael Ávila Camacho lo contrata junto al grupo de Mariachis "Metepec" por un año para actuar en Atlixco, Puebla. Esta gira es muy importante, ya que fue la primera del artista como Javier Luquín. Al finalizar la gira, es contratado en un cabaret como cantante y animador, enfrentando diversa clase de público.
Durante algún tiempo se le consideró un imitador de Pedro Infante, pero gradualmnte fue reconocido como un talento con identidad propia y con más facultades vocales que el "Idolo de Guamúchil".
En 1950 (el dia 14 de Noviembre) contrae matrimonio con Doña ENRIQUETA VALDEZ HERNANDEZ (fallecida en octubre de 2006) con la que procrea a sus tres primeras hijas; Angela, Zoila y Elizabeth ( Paty ) Levario Valdés.De esta época se supone que son sus primeras grabaciones: "Punto negro", "Virgen de barro", y "Te voy a dar mi corazón" ,las cuales fueron realizadas en una cabina del cine "Cinelandia" con dos integrantes del Trío Los Galantes en un pequeño estudio de grabación destinado a artistas aficionados.(Grabe su disco y escuche su voz decía en las cabinas). Sin embargo, el cantante sólo hizo estas grabaciones en discos de "baquelita"para mostrarlas a sus amistades y las entregó como tarjeta de presentación a la disquera Columbia cuando fue contratado por ésta en el mes de enero de 1956.

Carrera Profesional [editar]
A principios de 1955, es contratado para cantar en el "Bar Azteca", donde permanece por espacio de 4 años. Es aquí donde, a sugerencia de su amigo Manuel Garay, cambia su seudónimo a Javier Solís con el cual lograría la fama artística. A mitad de ese mismo año, lo escucha cantar en el local el, en ese entonces, guitarrista y primera voz del Trio Los Panchos, Julio Rodríguez quien lo recomienda para una audición con Felipe Valdés Leal, quien era director artístico de Discos Columbia de México (hoy SonyBMG Music). Gabriel Siria, ahora convertido en Javier Solís, resultó aprobado en la audición y se le hizo un contrato para grabar su primer sencillo a fines de 1955. Dicho disco sencillo contenía los temas "Que te importa" y "Por qué negar". El sencillo obtiene éxito en el interior de México y, gracias a ello, es contratado formalmente el 15 de enero de 1956. Se dice que, como parte de este trato, Javier Solís entrega la cinta que contenía los temas antes mencionados y la compañía la archivó por varios años, dándo a conocer los temas, años después de su fallecimiento.
Un hecho inesperado, retrasa el lanzamiento de su primer álbum. El día del sepelio del actor y cantante Pedro Infante es motivo para que Solís, subiera a una cripta del cementerio a entonar la ranchera Grito Prisionero, imitando la vocalización del fallecido intérprete.
Solís continuó haciendo presentaciones en el "Bar Azteca" y también en un espacio de la emisora mexicana XEW. Recibe su primer Disco de Platino por las altas ventas de su primer sencillo, el día 5 de septiembre de 1957. Como consecuencia, graba su primer álbum Javier Solís, Volumen I añadiendo a los temas de su disco sencillo, 6 canciones más. Aquí se inicia la leyenda del artista, en cuanto atañe a su vida privada pues en el prefacio de este LP se asegura que su nacimiento ocurrió en el estado mexicano de Sonora, lo cual desmintieron las investigaciones periodísticas posteriores. Su consagración definitiva fue cuando grabó el tema Llorarás Llorarás (que formó parte del álbum del mismo título) en 1959, cuando Valdés Leal logró con consejos que Solís abandonara su estilo imitador. En lo sucesivo, su carrera fue meteórica, ya que aunque duró solamente 10 años, grabó 379 canciones y se convirtió en uno de los cantantes más famosos de la historia en México.
En 1959, durante su primera gira promocional hacia Estados Unidos, la disquera preparó un álbum contentivo de valses de origen mexicano en el cual el acompañamiento no sería efectuado con mariachis sino con una banda sinfónica conformada por músicos mexicanos y estadounidenses con arreglo y dirección del músico Fernando Zenaido Maldonado. El álbum, titulado Javier Solís Con Banda fue grabado en los estudios de Columbia Records en la ciudad de Nueva York en uno de los primeros trabajos de Grabación Multipista llevados a cabo por artistas latinoamericanos. Las ventas iniciales de este LP se destinaron a organizaciones de caridad, pero tuvo poca aceptación en México. Sin embargo, varios años después fue digitalizado. Curiosamente, en 1963 la disquera toma la pista de voz de esta grabación y sustituye el acompañamiento de banda con el del Mariachi Nacional de Arcadio Elías. El álbum resultante se denominó Valses Mexicanos, que al ser digitalizado se titularía Valses. Es la primera reconstrucción técnica llevada a cabo con la voz de Solís, aún en vida, aunque ésto no lo sabrían algunos fanáticos del cantante sino varios años después, gracias a los avances en las técnicas de computación y multimedios que permitieron hacer la comparación posterior.
Al año siguiente (1960), en una nueva gira en Estados Unidos, emprende un proyecto muy diferente pues graba boleros con acompañamiento de orquesta de estudio dirigida por quien después sería su amigo, el músico estadounidense Chuck Anderson. Este álbum fue denominado Javier Solís en Nueva York y tenía como fin, según palabras del cantante, ponerlo al nivel de otros artistas de géneros románticos demostrando su versatilidad. Este disco tardaría un tiempo en salir al mercado, debido a la aceptación del cantante como artista del género ranchero.
Hoy en día cuenta con un gran número de admiradores y sigue siendo uno de los mayores vendedores de discos.

Enfermedad y fallecimiento [editar]
Al iniciarse el año de 1966, Solís emprende un nuevo proyecto discográfico grabando algunas de las canciones más conocidas de los compositores puertorriqueños Rafael Hernández y Pedro Flores. Sin embargo, debido a sus padecimientos de salud, solo alcanzó a poner la voz a ocho de las pistas preparadas del nuevo álbum, aunque llegó a terminar su álbum Javier Solís Con Orquesta. Por consejo médico, el 12 de abril de ese año, Solís se internó en la "Clínica Santelena" de México D.F. para operarse de la vesícula biliar. Sin embargo, hasta el momento, se han recogido 4 diferentes versiones de su enfermedad y fallecimiento, sin que se tenga por válida ninguna de ellas. Una de estas versiones, la más difundida en la red Internet, dice que luego de su operación, el artista desoyó la prohibición médica de tomar agua fría, lo cual le produjo un paro cardíaco. Otra versión afirma que fue operado de apendicitis, pero que una pinza fue dejada en su organismo, lo cual ocasionó su muerte. En otra se indica que los padecimientos de Solís eran prostáticos. Finalmente, su amigo, el ya fallecido músico y arreglista estadounidense Chuck Anderson, decía que luego de su operación, el artista lo visitó el día 18 y le manifestó que le habían dado de alta, que se sentía bien y que en la noche asistiría a una fiesta. Al día siguiente, Anderson se enteró de la repentina muerte del artista.
El 20 de abril, en medio de manifestaciones de dolor su cuerpo fue inhumado en el lote de actores del Panteón Jardín de la Ciudad de México, lugar donde ha permanecido su cadáver desde entonces. Poco después, la disquera presentó las canciones dejadas por Solís, añadiéndoles a las pistas de estas interpretaciones, recitados escritos por el actor Ángel I. Fonfrías y declamados por el ya fallecido actor y locutor Guillermo Portillo Acosta. Este último álbum fue denominado Homenaje Inconcluso A Rafael Hernández y Pedro Flores, el cual tuvo tales ventas, que años después fue digitalizado.

Algunas de sus interpretaciones [editar]
Adelante,
Al claro de luna,
Amanecí en tus brazos,
Amigo organillero,
Angustia,
A pesar de todo,
Aquel,
Así,
Ay cariño,
Ayudame Dios mío.

Homenajes discográficos [editar]
Durante un tiempo, CBS Columbia (México) se limitó a reeditar en formatos LP y cassette los trabajos anteriores de Solís, hasta que en 1971 la disquera aceptó la propuesta de unir la voz del artista a la de las voces y guitarras del "Trio Los Panchos" en el álbum "Dos Ídolos Cantando Juntos". En este disco, fue respetado el estilo original de las grabaciones por lo cual, el acompañamiento con mariachis permaneció en todas las interpretaciones. Poco después, CBS empezó a presentar álbumes de compilación en los cuales fueron incluidas paulatinamente en los años siguientes, aquellas interpretaciones que se mantuvieron inéditas a la muerte de Solís. Después, hacia 1982 el mexicano Gerardo Reyes, unió su voz a la del intérprete fallecido, en el LP "Javier Solís y Gerardo Reyes juntos", pero éste tuvo escasa trascendencia internacional, ya que Reyes no era muy conocido fuera de México.
En 1994, la misma disquera convenció a la cantante estadounidense Vikki Carr de grabar un homenaje titulado Recuerdo A Javier Solís, en el cual la artista incluyó un duo en el tema Amanecí en tus brazos. Por su parte, en el año 2001, la filial venezolana de Sony Music decidió unir la voz de Solís, con la de los integrantes de la Rondalla Venezolana en un concepto semejante al del álbum realizado por el Trio Los Panchos, titulándose el CD Javier Solís con La Rondalla Venezolana.
Finalmente, en el año 2003, Sony Music México organizó dos homenajes discográficos al artista: en uno de ellos, reunió las pistas inéditas ya mencionadas bajo el título Las Inéditas de Javier Solís; y en otro, por primera, y hasta ahora única vez, la voz del artista fue separada de su acompañamiento original (con mariachis y orquesta de estudio) siendo sustituido éste por las voces y guitarras del trio argentino "Los Patricios", respaldado por un conjunto de boleros. Este novedoso álbum denominado Javier Solís Con Trío, en el cual el estilo del artista fue desvinculado del bolero ranchero y con gran orquesta.

Discografía parcial [editar]
Año De publicación[1]
Título
Discográfica
1955
Por que negar/Que te importa (sencillo)
CBS Columbia
1957
Javier Solís, Volumen 1
CBS Columbia
1958
Canta Javier
CBS Columbia
1958
Añoranzas
CBS Columbia
1958
Hits
CBS Columbia
1959
Llorarás, llorarás
CBS Columbia
1959
Enamorado De Ti
CBS Columbia
1959
Javier Solís Con Banda
CBS Columbia
1959
Lara, Grever, Baena
CBS Columbia
1960
Javier Solís Con Acompañamiento de Mariachi
CBS Columbia
1960
El Peor de los Caminos
CBS Columbia
1961
Javier Solís en Nueva York
CBS Columbia
1962
Fantasía Española
CBS Columbia
1963
Trópico
CBS Columbia
1963
Boleros, Boleros, Boleros
CBS Columbia
1963
Prisionero del Mar
CBS Columbia
1964
Romance
CBS Columbia
1964
Valses Mexicanos
CBS Columbia
1964
Un Año Más Sin Ti
CBS Columbia
1964
Sin Mañana, Ni Ayer
CBS Columbia
1965
Sombras
CBS Columbia
1965
Payaso
CBS Columbia
1965
Y Todavía Te Quiero
CBS Columbia
1965
Amigo Organillero
CBS Columbia
1966
Javier Solís Con Orquesta
CBS Columbia
1966
Vida De Bohemio
CBS Columbia
1966
Homenaje Inconcluso de Javier Solís a Rafael Hernández y Pedro Flores
CBS Columbia
Los años declarados en esta lista son aproximados

Discografía Postmortem [editar]
Año De publicación
Título
Discográfica
1966
Las Mañanitas Con Javier Solís
CBS Columbia
1969
Sin Fe Y Sin Religión
CBS Columbia
1969
Mi Pecado
CBS Columbia
1971
Dos Ídolos Cantando Juntos
CBS Columbia (México)
1982
Javier Solís y Gerardo Reyes Juntos
CBS Columbia (México)
1996
Leyendas
Sony International
2001
Javier Solís Con La Rondalla Venezolana
Sony Music (Venezuela)
2003
Las Inéditas de Javier Solís
Sony Music (México)
2003
Javier Solís Con Trío
Sony Music (México-Argentina)
2004
Javier Solis TESOROS DE COLECCION
Sony Music

Enlaces externos [editar]
Biografía de Javier Solís
Blog dedicado a Javier Solís
Música en línea de Javier Solís
Videos de Javier Solís
Portada del álbum "Javier Solís con Trío"
Letras de canciones (español)
Obtenido de "http://es.wikipedia.org/wiki/Javier_Sol%C3%ADs"

Javier Solis...

JAVIER SOLIS - entrega total

Adelita Nat King Cole (45 rpm)

JAVIER SOLIS - ansiedad

Esclavo y amo

Javier Solis...

Si Dios Me Quita La Vida - ♪ Boleros ♪

Sombras Nada Mas - ♪ Boleros ♪

BOSQUES: NOS ESTAMOS QUEDANDO SIN ELLOS

LEAN ESTA NOTA DE "El Universal", DE MÉXICO, FIRMADO POR EL GRAN PERIODISTA RICARDO ROCHA.




Detrás de la NoticiaRicardo Rocha 03 de abril de 2008

México chico

Con toda su grandeza histórica, heroica, cultural, pluriétnica y geográfica, este país se nos está reduciendo en proporciones aterradoras. Sin estridencias ni alarmismos, la actual generación pasará a la historia como la responsable de un encogimiento irreversible que nos marcará para siempre.
Y es que el dato es demoledor: México pierde al año un millón de hectáreas de bosques y selvas. La devastación ha sido tan irracional e infame que en tan sólo 70 años hemos arrasado con 95 de cada 100 hectáreas que teníamos de áreas boscosas y selváticas tropicales.
En pocas palabras, hemos perdido la inmensa mayoría de la cubierta vegetal original del país, debido a una deforestación que es desde hace décadas un negocio gigantesco para gobiernos, caciques y empresas rapaces. Baste decir que 50% de la madera que se comercializa en México es ilegal.
Personalmente he estado en dos ocasiones testimoniando esta voracidad en la sierra alta de Guerrero, donde los campesinos que se han atrevido a oponerse al ecocidio han sido también asesinados con todo y sus hijos o metidos a la cárcel, como Rodolfo Montiel y Teodoro Cabrera. Ahí, donde compañías como la canadiense Boyce Cascade y otras más talan indiscriminadamente con la complicidad de cacicazgos y jueces locales. Lo mismo ocurre en vastas zonas del país donde la ambición, el descuido y la ignorancia, pero sobre todo la negligencia cómplice y convenenciera de los gobiernos federal y estatales, están acabando con un patrimonio para la posteridad. Todo a causa de tres elementos nefastos: la tala inmoderada, una pobreza creciente y una falta absoluta de conciencia ecológica en la mayoría de los mexicanos.
Y es que, aunque usted no lo crea, la pérdida de nuestro territorio verde es de proporciones inauditas: cada año perdemos más de cinco veces el territorio del Distrito Federal; dos veces y media Tlaxcala; la suma de Aguascalientes y Colima y prácticamente todo Querétaro. Todavía más estremecedor: de seguir la tendencia, en sólo siete años estaremos perdiendo el equivalente a estados tan grandes como Jalisco: un creciente paisaje de cerros pelones y desiertos.
Pero todavía más increíble que esa monstruosa realidad es el hecho de que el achicamiento de nuestro territorio no es prioritario para el gobierno federal ni para los gobiernos de los estados o los municipales. A ver, ¿cuándo ha oído usted que esta sea una preocupación fundamental para alguno de ellos? Lo que hacen en cambio es minimizar las cifras como si así solucionaran la tragedia: “Son nomás unas 300 mil hectáreas las que perdemos por año”.
En paralelo y sólo para el maquillaje y la foto se han implementado planes ignorantes como la siembra alocada de 250 millones de árboles plantados en 2007, y de los cuales sobrevivirá si acaso 10%, lo que significa, entre otras cosas, 2 mil 500 millones de pesos tirados a la basura. Peor aún, en lo que ha sido una broma de muy mal gusto, fue nombrado responsable de detener el ecocidio de este país un ignorante poliédrico como Patricio Patrón Laviada, quien además —como documentó EL UNIVERSAL— fue un depredador de manglares cuando malgobernó Yucatán.
Y mientas tanto, siguen creciendo las manchas malignas de semidesiertos y otras arideces en donde ya no será posible sembrar nada. Donde además quebramos los ecosistemas que provocan la bendición de las lluvias. Donde también estamos asesinando la cuarta biodiversidad del planeta, de la cual perdemos cada día —sin exageración alguna— cientos de especies vegetales y animales de las 200 mil que todavía nos habitan.
Lo insólito es que este crimen de dimensiones gigantescas tampoco está en la agenda del Congreso, ni de ninguno de los partidos políticos o de nuestros líderes sociales. Menos aún de las grandes empresas. Y mientras gastamos miles de millones en nuestra cuestionada democracia y en salarios escandalosos de funcionarios, ministros, magistrados, senadores y diputados, el Centro de Investigaciones en Ecosistemas de la UNAM, por ejemplo, cuenta apenas con unos 6 millones de presupuesto cada año.
Por cierto, nos quedan sólo 50 años de un México cada vez más chico. Pero es ahora cuando quedaremos marcados como la generación del crimen sin castigo.
ddn_rocha@hotmail.com

jueves, 3 de abril de 2008

fFIDEL CASTRO, COMANDANTE DE LOS PUEBLOS OPRIMIDOS, OPINA SOBRE LAS NUEVAS TECNOLOGÍAS

■ Pide a escritores y artistas responder “si tiene algún sentido” el empleo de aparatos modernos
Escepticismo de Fidel Castro sobre el uso de nuevas tecnologías en la vida diaria
■ Sostiene: me podrán tachar de fatalista, pero “fatalismo es dejar de plantear el problema”
Gerardo Arreola (Corresponsal)
Ampliar la imagen Un cubano captado hace unos días en una tienda de teléfonos celulares, una vez que este servicio fue abierto a la ciudadanía como parte de la eliminación de restricciones impulsada por el presidente Raúl Castro Foto: Reuters
La Habana, 2 de abril. Fidel Castro pidió hoy al séptimo congreso de la Unión de Escritores y Artistas de Cuba (Uneac), que sesiona aquí desde el martes, que responda a la cuestión de si “tiene algún sentido” el empleo de las nuevas tecnologías en la vida cotidiana “que promete el imperialismo”.
El cuestionamiento apareció en una carta que el ex presidente cubano envió a la reunión de intelectuales y en la cual evitó una conclusión, pero sugirió claramente su escepticismo sobre el uso de la modernidad tecnológica.
“¿Tiene algún sentido ese tipo de existencia que promete el imperialismo?”, preguntó Castro, al citar herramientas comunes como los discos compactos, el teléfono celular, Internet, la cámara digital, el correo electrónico o el localizador satelital.
“¿Quiénes rigen la vida de las personas?”, preguntó. “¿Puede incluso garantizarse la salud mental y física con los efectos no conocidos todavía de tantas ondas electrónicas para las cuales no evolucionó ni el cuerpo ni la mente humana?”
Castro alegó que la venta de instrumentos digitales “acumula en manos de las trasnacionales tantos ceros que es ininteligible”, que cada uno de los aparatos “será sustituido por otro invento más efectivo” y que “ya no puede siquiera garantizarse el secreto de lo que habla una pareja en el banco de un parque”.
El líder cubano admitió que le podrían tachar de fatalista, pero insistió: “fatalismo es dejar de plantear el problema”.
A la apertura del congreso asistió el presidente Raúl Castro, cuyo gobierno acaba de autorizar a los cubanos el acceso a la telefonía celular, hasta ahora reservada para extranjeros, empresas y altos funcionarios, así como la compra de reproductores de DVD, entre otros electrodomésticos cuya venta estaba restringida o prohibida.
El enigma de los impuestos
En otra parte del mensaje, Fidel Castro rebatió el impuesto sobre la renta, al que reconoció como “irrenunciable” y progresivo, pero políticamente peligroso, por haber llevado a la crisis a gobiernos de izquierda europeos. “No hay nada más antipático” y puede verse como “un puñal en el pecho exigiendo la bolsa o la vida”.
En contraste, dijo que “no sólo es justo, sino más comprensible” el mecanismo de “captación del excedente en valor de los servicios exportados”, la fórmula por la cual el Estado cubano cobra directamente el trabajo de sus profesionales contratados en paquete en el extranjero y a quienes les asigna salarios fijos y compensaciones.
Pero el tema resultó enigmático en la carta a la Uneac, pues hasta hoy no se había producido en el congreso discusión alguna sobre asuntos fiscales, según los documentos conocidos y fuentes de la reunión.
¿Por qué incluyó Castro ese elemento polémico en ese mensaje? No hay forma de saberlo de inmediato, pero al defender la segunda fórmula dijo que las compensaciones “no incitan el individualismo y el egoísmo que conducen a la negación, con los más diversos disfraces, de la sociedad que pretendemos crear”.
No fue más allá, pero contrariu sensu puede interpretarse que ha vuelto a impugnar a la ganancia personal ilimitada, aunque esté fuertemente gravada.
Luego señaló: “¿Pueden los métodos con que se administra una bodega crear la conciencia requerida para alcanzar un mundo mejor?”
Tampoco queda claro si Castro reavivó su conocido rechazo a los mecanismos de mercado, pero concluyó así: “Todo lo que fortalezca éticamente a la revolución es bueno. Todo lo que la debilite es malo”.

tOMADO DE "lA jORNADA"

ESTAMPAS MEXICANAS




"El joven y valiente guerrero azteca, defensor de las causas justas y de la dignidad de su pueblo, después de una árdua batalla, regresa a su tierra. Al llegar, una profunda tristeza embargó su alma: su bella amada, en su ausencia, cruzó el río de la vida y, ahora, reposa el sueño eterno.

A los pies de su tumba, el fiel amante le promete que, después de cumplir con el servicio a la patria, permanecerá junto a ella, velando su sueño por toda la eternidad".



Y así ha sido desde aquella época y por eso vemos, en todo el valle de México, la bella y humeante silueta del amante junto a su "mujer dormida". También, esas siluetas de los amantes nos recuerdan perpetuamente la dignidad, nobleza y grandeza del pueblo al que pertenecían y que ahora se llama "pueblo mexicano". Y así será siempre: ni poderosos internos ni externos, ni gobiernos ni individuos han podido, ni podrán, socavar la verdadera esencia del mexicano: su dignidad, su valentía, su nobleza, su orgullo de ser tal y como es y tener el origen que tiene: su indigenidad y su mestizaje no se contraponen; por el contrario, se complementan.

COLOMBIA: UN GOBIERNO PELELE, TÍTERE DE LOS ESTADOS UNIDOS, PARA DESGRACIA Y SUFRIMIENTO DEL NOBLE PUEBLO COLOMBIANO

LEAMOS LA EDITORIAL DE ESTE DÍA DEL PERIÓDICO La Jornada, DE MÉXICO. EL TÍTULO DEL BLOG ES RESPONSABILIDAD DE LA PÁGINA DE "LA UNIDAD MORELOS".
Editorial

¿Nueva emboscada de Uribe?

Las más recientes gestiones del presidente francés, Nicolas Sarkozy, para lograr la liberación de la política colombofrancesa Ingrid Betancourt –secuestrada desde hace seis años–, o al menos para hacerle llegar hasta el sitio de su cautiverio la ayuda médica que, al parecer, requiere con urgencia, han dado pie al gobierno colombiano para lanzar una nueva ofensiva propagandística en la que se presenta como partidario de un acuerdo humanitario de intercambio de guerrilleros presos por secuestrados en poder de las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC). Pero, sin desconocer la grave y primigenia responsabilidad de esa organización insurgente en la dramática situación por la que atraviesan las personas a las que mantiene secuestradas, el régimen que encabeza Álvaro Uribe es, hoy por hoy, el menos interesado en que se produzca su puesta en libertad, y de ello ha dado innumerables pruebas.
Uribe se ha manifestado partidario de los rescates a sangre y fuego de los rehenes, con todo y el enorme riesgo que tales operaciones representan para los cautivos. En junio del año pasado, 11 legisladores provinciales que se encontraban en poder de la guerrilla murieron en el fuego cruzado cuando fuerzas militares tomaron por asalto el campamento en que se hallaban retenidos. Poco antes, el presidente colombiano había intentado tomar el pelo a la opinión pública cuando excarceló, “en un gesto unilateral”, a decenas de reclusos a los que presentó como miembros de las FARC, sin que necesariamente lo fueran.
En adelante, las mediaciones públicas o discretas de terceras partes para conseguir la libertad de los secuestrados, con o sin intercambios, desembocaron en conflictos creados por el gobierno colombiano para torpedearlas. Así ocurrió con la gestión emprendida a finales del año pasado por el presidente venezolano, Hugo Chávez, quien, a pesar de todo, logró liberar a dos de las cautivas de las FARC; como ellas mismas lo narraron, su liberación se vio severamente obstaculizada por los constantes ataques de la aviación militar de Colombia justo en la zona en la que habría de tener lugar su entrega a funcionarios de Venezuela. Algo mucho peor sucedió el pasado primero de marzo, cuando las fuerzas armadas colombianas invadieron el territorio de Ecuador, bombardearon –presumiblemente con la ayuda de Estados Unidos– un campamento insurgente y dieron muerte a más de una veintena de personas, entre ellas el comandante guerrillero Raúl Reyes –quien mantenía contactos con los gobiernos francés y ecuatoriano para liberar a Betancourt– y cuatro estudiantes mexicanos.
Las razones de fondo de los sabotajes de Uribe a la puesta en libertad de los cautivos de la guerrilla pueden apreciarse con claridad: el empecinamiento en mantener a su país en un estado de guerra permanente que justifique la perpetuación del Plan Colombia y que le permita blandir el espantajo del terrorismo –en la acepción acuñada por Washington– ante la opinión pública. En esa lógica, el cálculo uribista, como ha quedado patente en las acciones recientes de la Casa de Nariño, es crear condiciones para que los secuestrados mueran, a fin de poder culpar a la organización armada que los retiene.
En la circunstancia actual, las contradicciones en el discurso del presidente colombiano refieren con claridad los nuevos peligros que se ciernen sobre los rehenes: mientras que por un lado Uribe ofrece a Sarkozy abstenerse de realizar operaciones militares en la zona en la que se encuentran los cautivos, por el otro sigue ofreciendo a la población recompensas en efectivo para que dé al Ejército información sobre el sitio en que se encuentran, con el propósito inocultable de preparar ataques militares. Anuncia su disposición a excarcelar a los insurgentes que se encuentran presos, pero insta a quienes no lo están a que deserten con todo y rehenes, a sabiendas de lo peligroso que esto resulta para los segundos.
En suma, a juzgar por los antecedentes, la gestión del mandatario francés tiene muchas probabilidades de culminar en un nuevo conflicto diplomático, como los provocados por Uribe con Caracas y Quito y, ojalá que no sea el caso, en algo peor.